lundi 31 juillet 2017

When Arcade Fire used to be good

28th October 2013
London, Blackstock Rd
A couple of days after the Everythingnowness aftermath, a journey home to AF's fourth album released 4 years ago

What's the common denominator between Joan of Arc, Orpheus and pornography? One could find out the answer on Amazon and Itunes today from 8 a.m. The answer is tied in one single word: Reflektor. About one month ago, the indie band had launched a fantastic marketing buzz with the leaking of their single, named as their album. From the start, you knew Arcade Fire had hit the mark; the disco-inspired song takes you to a strange journey, through the looking-glass. The Sympathy for the Devilesque percussions, the combination of lyricism and rhythmic beats, the length of the song: it was Arcade Fire as you had never heard them before. 

  

What about the whole album then? Reflektor contains 13 songs divided into 2 CDs; its 1h25 mins had already been much written about, by dissatisfied journalists and blasé critics who were probably annoyed by the laudatory reviews of the album's 'accidental' leak on Youtube two days ago. To be fair, when I enjoy a musician's work, and if the material is good, I pay little attention to their ways of advertising or their interviews, for fear of changing my opinion on their artistic production. And this is maybe what music reviewers should do; stop arguing about the band's digital campaign and actually listen to the bloody record. 


True, there are some songs that might be too long and over-dramatic in their ambition. But Arcade Fire will always manage to surprise us: this Hawaï, Jamaican song-inspired album is radically different from the previous one. It veers towards the electro, rockabilly, glam-rock and reggae while the bewitching, immediately recogniseable voice of Win Butler maintains the continuity between Funeral, Neon Bible and The Suburbs. 'We Exist' and 'Here Comes the Nighttime' are more violent than expected, nevertheless establishing a close connection with The Suburbs' 'Month of May', but with more subtlety. 'You Already Know' 's use of bass made me ecstatic; with this song, Win Butler and Regine Chassagne explore a more consensual use of music: plain pop. Reflektor, though, is darker. It is about alientation, the Underworld, madness and deception. 

The best songs? 'Joan of Arc', 'It's Never Over', 'Afterlife', the paradoxically themed 'Awful Song', while 'Supersymmetry', previously used for the movie soundtrack of Her by Spike Jonze, beautifully closes the album on a nostalgic note. For someone who enjoys points of contact between the arts, alluding to the Orpheus myth naturally made sense because, despite what a blogger said, Reflektor tells a story. A story of lies, mirrors and gateways through other worlds. 


True, Reflektor might appear conceptual, psychedelic or over-elaborate for those who keep saying Funeral contains their best material, or to people whose first approach of the band was through this album. To my mind, its creation seemed completely logical following Arcade Fire's career path. Exploring alien sounds, attempting to produce originality, this is exactly what I'm looking for when listenning to a new record. 
It seems to me albums now function as companion pieces: Funeral and The Suburbs on the one hand, Neon Bible and Reflektor on the other. 
And this is why I cannot wait for a fifth one. 





dimanche 30 juillet 2017

Mômes et Cie à la Cinémathèque Française





C'était à Castres. Ou à Bergerac, je ne sais plus. Je devais avoir trois ans. Des films, j'en avais probablement déjà vus quelques uns. Mais jamais dans une salle obscure. L'album adapté du dessin animé m'avait déjà enchanté par ses couleurs chatoyantes, son trait épuré, son atmosphère féérique. J'étais loin de me douter que Peter Pan de Walt Disney allait marquer mon enfance et mon adolescence à tout jamais, que j'allais reproduire les dessins inlassablement sur des carnets de croquis, que j'allais me prendre pour Clochette pendant quelques années, que le roman de James Matthew Barrie me surprendrait par sa noirceur et son cynisme...

Parce que les images bougent, parce qu'il joue avec vos émotions, parce qu'intellect et sens sont simultanément sollicités, le cinéma fait probablement partie des expériences les plus marquantes dans la vie d'un gosse. Ce printemps dernier, à la Cinémathèque, vous êtes replongés dans vos souvenirs les plus intimes pour revivre votre enfance. Si celle-ci fut traitée par le septième art comme un motif privilégié du dessin animé, du conte initiatique ou encore du film d'horreur, ça n'est pas un hasard : le spectateur, devant la toile qui prend vie, abandonne tout jugement, toute rationalité - ce que les anglophones caractérisent à merveille de suspension of disbelief - pour se faire réceptacle de sensations, tel un nouveau-né. 

  

Premiers émois, premières impressions, premiers traumatismes... La scénographie reprend les personnages clefs de Vice-Versa guidée par les émotions. Dans un parcours thématique, on privilégie les visiteurs les plus jeunes au moyen d'entrées et de portes quasi-inaccessibles aux adultes... Le monde merveilleux mais fort étrange d'Alice n'est jamais très loin, à portée de rêve presque. A hauteur d'oeil juvénile, il est plus facile de franchir le seuil de l'imaginaire pour s'évader et dessiner un portrait de l'enfance ô combien juste. 



   



La féérie opère bien vite : le voyage est jalonné d'extraits de films, eût-il été nécessaire de le préciser - dont beaucoup qui m'étaient inconnus - d'images-cultes qui nous ont tous marqués, d'objets magiques tels le Nimbus 2000 de Harry Potter, la robe de lune de Peau d'Âne, issus de nos romans favoris. 
La didactique n'est pas en reste : ni trop étoffée, ni trop simpliste, de jolies bulles colorées apportent un commentaire ludique, poétique dirais-je, sur les passages visionnés au préalable. Jeunes et moins jeunes, adulescents, on en trouve pour tous les goûts au sein de cette palette tantôt pastel, tantôt vive, tantôt sombre. Si j'ai trouvé cette exposition si forte, c'est parce qu'elle m'a poussée dans mes retranchements et m'a rappelée ce que j'avais ressenti avec beaucoup d'acuité à l'âge de 5, 8 ou 10 ans. Je fais bien entendu référence à la salle de la peur, car je faisais partie de ces gamins qui exécraient la tristesse, la torture ou la représentation de la différence quasi monstrueuse - ayant d'ailleurs gardé un très mauvais souvenir de Bambi, E.T, Dumbo et Rox et Rocky - mais qui recherchaient l'angoisse, les sensations fortes, celles qui vous font apprécier l'instant où le cauchemar s'arrête. 

R., avec qui j'ai eu le privilège de visiter l'exposition, m'a à ce titre signifié que l'extrait qui effrayait le plus les bambins, c'était celui du Labyrinthe de Pan, lorsqu'Ofelia ouvre le livre maléfique qui se tache de sang. Rien, ou presque, ne se passe. Mais c'est dans cet interstice intermédiaire que se loge la véritable épouvante. Pour un enfant en constante découverte, en constante ébullition, l'horreur, c'est le silence, l'incompréhension, le non-dit. 



Je ne suis certainement pas très objective face à ce voyage sensoriel et lumineux qui m'a arrachée de mon quotidien pendant quelques heures, malgré mon peu de connaissance cinématographique et ma lecture peu attentive des cartels. C'est l'affect qui a pris le dessus. J'ai d'ailleurs moins aimé les pièces issues des collections permanentes du musée comme la lanterne ou le flipbook, même si ceux-ci semblaient remporter les suffrages des petits spectateurs qui flânaient à mes côtés.
Toutefois, ce que je peux vous dire (et là c'est l'ancienne étudiante en muséo qui parle), c'est que réaliser une exposition, c'est raconter une histoire. La Cinémathèque française l'a parfaitement compris et renoue ainsi avec le grand spectacle tout public, l'exposition blockbuster qu'était celle de Burton. Alors, à quand un prochain motif d'actualité et/ou fédérateur, comme l'adaptation ou les super-héroïnes ? On n'en peut plus d'attendre !